Point d’orgue

En musique, le point d’orgue n’enlève rien à la finalité inéluctable de la dernière note d’une pièce, mais il en prolonge la durée autant que le souhaite celui qui la joue. Même si je suis de retour à Montréal depuis presque deux jours, je n’ai pas encore laissé cette note ; mon doigt s’y attarde. Le Vietnam résonne encore très fort en moi. Il m’habite. Je sens sa vibration, ses visages, ses odeurs et je pressens depuis hier que seul ce dernier billet de blogue me permettra de lever le doigt et de laisser cette expérience de vie tout doucement faire son entrée dans le registre du passé.

Un an. Douze mois. Que de découvertes, de beauté, d’aventures de toutes sortes, de rencontres  intéressantes, souvent passionnantes, parfois même marquantes. Et il y a aussi vous, mes compagnons de route, que je dois aussi laisser aller, du moins sous cette forme et pour le moment. Car vous m’avez accompagnée, vous étiez là, je vous parlais, je voulais vous dire, vous montrer, je riais à l’avance des cocasseries que j’allais vous décrire, j’espérais vous toucher et que vous puissiez apprécier une part de ce que j’ai reçu, vu, ressenti… Quelle immense joie que de partager tout cela avec vous!

La vie m’a fait un incroyable cadeau. Je considère que j’ai été privilégiée à plusieurs égards.

 Hué, la douce

D’abord, le fait d’avoir été assignée à Hué. Au début, je devais aller à Hanoï, mais le projet a avorté, alors on m’a offert Hué. Quelle chance, grands dieux! Hanoï, c’est la grande ville très polluée, dans laquelle on doit parcourir de longues distances dans un trafic infernal pour aller travailler. Les expatriés qui y vivent ont tendance à se tenir entre eux, puisqu’après le travail, tout le monde se précipite pour regagner sa demeure. À Hué, tout est à proximité et bien sûr, moins cher. J’habitais à cinq minutes du travail, je venais faire ma sieste après le repas du midi et… je ne le dirai pas trop fort… je piquais une petite tête dans la piscine de l’hôtel-école avant de retourner au bureau, à 15 mètres de là (dur dur, la vie d’expatriée…). Et Hué est une jolie ville avec la Rivière des Parfums qui la traverse, sa citadelle impériale, la cuisine réputée de ses nombreux restaurants et ses habitants accueillants. J’y ai tout de suite rencontré des gens et développé des amitiés et une vie sociale fort agréables, à la fois avec des Vietnamiens et avec des foreigners de partout au monde.

Le milieu de travail

J’en ai peu parlé, mais là encore, j’ai eu beaucoup de chance. D’abord, j’ai eu le meilleur des partenaires de tous ceux de mon employeur au Vietnam. Certains volontaires ont eu des relations complexes avec les organisations auprès desquelles ils tentaient d’œuvrer, et ce, pour toutes sortes de raisons (parfois, le mandat est complètement flou, le vis-à-vis ne parle pas l’anglais, ou il n’a aucune disponibilité à accorder au volontaire, ou il est nouveau en poste et considère ce projet comme la dernière de ses priorités). J’ai eu le bonheur non seulement d’avoir Madame Nga, vice-rectrice du Collège de tourisme de Hué, comme partenaire, une femme de cœur articulée et présente, mais aussi d’avoir des collègues de travail vietnamiennes qui parlaient anglais et avec qui je partageais mon espace de travail. J’ai donc bénéficié d’un vrai milieu de travail, avec une atmosphère généralement très conviviale. Tout n’a pas été parfait, bien sûr, mais j’ai vraiment apprécié mon quotidien au travail.

Mon mandat

Mon mandat consistait essentiellement à élaborer un programme pour aider les jeunes à structurer leur recherche d’emploi. Les finissants du collège sont habituellement très timides et couvés par la famille, si bien qu’ils se trouvent démunis quand vient le temps de chercher un emploi. J’ai conçu des ateliers pratiques sur le sujet, puis formé une équipe de formateurs après que le matériel ait été traduit en vietnamien. J’ai complété le programme par un centre de carrière virtuel s’adressant aux étudiants qui ne peuvent se rendre aux ateliers de formation. Ce centre virtuel comprend également une foule de liens pour eux et un site d’affichage d’emplois. J’ai réalisé quelques autres mandats et interventions, mais celui-ci a été le plus important. Pour couronner le tout, comme ce programme a été présenté à l’ensemble des partenaires vietnamiens en mars dernier et qu’il a intéressé certains d’entre eux, j’ai été invitée à former des équipes à Hanoï, Saïgon, Rach Gia dans le sud du pays et Lao Cai à la frontière de la Chine. Quel superbe bonus!

Je n’ai pas changé le monde, mais j’ai eu le privilège d’avoir un mandat qui avait du sens. Il est difficile de présumer de l’avenir, mais il y a des possibilités que ce programme survive, ce qui me donne un grand sentiment de satisfaction. Encore une fois, bien des expatriés peinent à trouver une façon de contribuer et vivent mal le fait de voir leurs attentes professionnelles déçues. Et il n’y a pas de recette magique pour s’assurer qu’un mandat ait du sens ou qu’il n’en ait pas, sauf de parler le plus possible aux gens en place avant de s’engager. Mais encore là, il arrive que la donne change sur place.  Bref, je crois sincèrement que quand on plonge dans l’inconnu, on peut prendre certaines mesures pour minimiser le risque, mais il n’en reste pas moins qu’il y a toujours un certain « coup de dé cosmique » inhérent à l’aventure.

Ce que j’aurais voulu vous raconter

Jean et Thuy

J’aurais voulu vous parler de Jean et Thuy, un couple franco-vietnamien qui fait un travail tout simplement colossal auprès des familles de sampaniers. Les sampans sont les bateaux dans lesquels logeaient jusqu’à récemment des familles entières de plusieurs générations (jusqu’à quatre) qui autrefois vivaient de la pêche sur la Rivière des Parfums. Ils tirent maintenant leurs maigres revenus (200 000 VND par jour, soit environ 10 $, qu’ils se partagent après avoir déduit les frais),  du dragage du sable et du gravier dans la rivière, qu’ils vendent aux entreprises de construction. Beaucoup de ces travailleurs sont analphabètes, comme certains de leurs enfants encore aujourd’hui. Pour aller à l’école, il faut avoir un acte de naissance : de nombreux enfants n’en ont pas ou plus. Pas d’acte de naissance, pas d’école. Point.

La mission première de Jean et Thuy, c’est l’éducation. Je les ai connus à l’orphelinat qu’ils ont créé de leurs propres deniers, où vivent 38 enfants de tous âges, dont la plupart n’avaient jamais été à l’école. Puis ils ont construit des jardins d’enfants, une école primaire, un collège, quatre maternelles, un dispensaire et ils ont érigé un village entier pour relocaliser les sampaniers. À deux, Jean et Thuy veillent à l’éducation de 500 enfants. Un groupe d’amis français a mis sur pied un organisme à but non lucratif en France pour financer l’écolage des enfants : 260 élèves sont parrainés par des Français, mais Jean et Thuy s’occupent personnellement de l’écolage des 240 autres. Comment? Par les revenus qu’ils génèrent de leur agence de voyages et par ceux d’un homestay qu’ils opèrent sur le terrain même de l’orphelinat.

Les municipalités des environs les adorent, car ils leur permettent de redorer le blason de toute une région. Lorsqu’ils construisent une école, par exemple, les matériaux sont fournis par la municipalité, qui aide aussi avec la main d’œuvre. Les enfants des sampaniers, dont les familles disposent de « carnets de pauvreté » peuvent aller à l’école plus ou moins gratuitement selon leur « cote de pauvreté », même s’ils n’ont pas d’acte de naissance. Les autres enfants paient leur scolarisation, ce qui finance l’école. Une fois intégré au système scolaire, plus jamais l’enfant n’aura à fournir d’acte de naissance.

Jean et Thuy photo

Malgré que Jean soit très grand et Thuy toute menue, le cerveau de l’affaire, c’est… Thuy, du dire de son mari qui se plaît à se considérer comme le chauffeur de madame. L’impact qu’ont ces deux-là est phénoménal. Rien ne semble à leur épreuve. Lorsque la ville de Hué a voulu sortir les familles des bateaux, car ils n’offraient pas une très jolie image de la ville, une municipalité a offert à Jean et à Thuy un terrain en leur lançant un défi : le terrain était à eux s’ils réussissaient à construire 35 maisons en trois semaines… Ils ont réussi grâce à un don d’un client de leur agence de voyages qui avait été bouleversé de leur action et grâce à la mobilisation de tous les futurs habitants de ce village. J’ai visité ce lieu, qui compte aujourd’hui 160 maisons grâce à un système de microcrédit mis en place par Jean. Celui-ci m’a fait remarquer que les maisons, qui étaient très sommaires au moment de leur « livraison », commencent à s’enjoliver tout doucement, à mesure que la situation économique des sampaniers, qui ont maintenant accès à des emplois plus rémunérateurs, s’améliore aussi. Cela se traduit par de nouveaux revêtements extérieurs, des tuiles de céramique, des volets, etc.

Et Thuy voudrait maintenant étendre son action aux vieillards abandonnés, dont le nombre croît au Vietnam. Cette femme, selon même son mari, est une dynamo. D’autres la qualifieraient de bodhisattva.

J’étais en route pour rencontrer Thuy quand j’ai été heurtée par une motocyclette, ce qui a sensiblement limité mes possibilités de côtoyer ce couple d’exception. Nous nous sommes vus « en intensif » ces derniers jours et resterons en contact.

Le bambou pacifique

En bordure de Hué, il existe un lieu incroyable, un microcosme de paix et d’humanité, fondé par un Vietnamien d’origine vivant en Suisse. C’est béate d’admiration que j’ai visité Thin Truc Gia, où vivent cinq jours par semaine des enfants et des adultes atteints de déficiences intellectuelles. Le lieu est d’une grande beauté et ses bâtiments à la fois esthétiques et imposants. On y scolarise les enfants autant que possible et on leur enseigne les habiletés de base. Plus vieux, ils ont la possibilité de se former soit à l’atelier de laque, où j’ai vu de magnifiques œuvres, en cuisine ou au jardinage. Deux grands courants philosophiques sont à la base de ce projet : le bouddhisme zen et l’agriculture biodynamique telle que prônée par Rudolph Steiner. Le moment de ma visite correspondait à la journée axée sur la marche méditative. J’ai croisé plusieurs professeurs ou animateurs marchant tout doucement, chacun suivi de quelques résidents, tous en silence.

Je n’ai passé qu’environ une heure au Bambou pacifique, qu’un jeune ami bénévole à cet endroit m’a fait découvrir. J’ai eu le temps de voir de nombreux sourires et gestes affectueux, d’admirer un immense potager foisonnant de mille et un fruits et légumes intercalés de façon un peu surprenante comme il se doit en agriculture biodynamique, et de m’imprégner de cette atmosphère de paix et de sérénité.

Dire qu’il n’y a pas si longtemps, les déficients intellectuels étaient laissés à eux-mêmes au Vietnam et parfois attachés…

La force invisible

À plusieurs reprises, j’aurais voulu vous parler de cette étrange réalité du « Parti », omniprésent et en même temps, invisible. Mes collègues savaient que j’écrivais un blogue et étaient terrorisées à l’idée que je puisse faire la moindre mention à propos du parti communiste ou de la police. Même maintenant, je dois mesurer mes propos, de crainte de nuire à certaines des personnes citées ici. Qu’il suffise de dire qu’à chacun de mes déplacements, je devais fournir un itinéraire précis avec les coordonnées des endroits où je passerais la nuit. Que les invités qui séjournaient chez moi devaient remettre leur passeport à ma propriétaire pour qu’elle les apporte à la police dès leur arrivée. Que tout le monde craint la police et cherche à éviter à tout prix de « sortir du lot », ce qui a un impact important, entre autres, sur le comportement au travail.

Les femmes au Vietnam

Le monde des femmes au Vietnam m’a fasciné et je suis convaincue que, étais-je restée plus longtemps, d’autres surprises m’auraient attendue au détour.  J’ai appris récemment qu’à la naissance de son bébé et pour une raison que personne n’a pu me donner, la femme ne peut prendre de douche ou de bain pendant un mois après l’accouchement et qu’elle et le bébé ne peuvent sortir de la maison pendant trois mois! Je ne ferai que souligner qu’au cours des dernières semaines, la température ressentie oscillait entre 42 et… 50 degrés!!! Ici, l’idée qu’un homme assiste à l’accouchement est vraiment saugrenue. Pendant le premier mois de vie du bébé, le mari peut rendre visite à son épouse mais n’est pas autorisé à dormir auprès d’elle. Bien des femmes ne suivent plus ces préceptes dans les grandes villes, mais c’est ce que ma jeune collègue Anh a fait point pour point à la naissance de son bébé, en trouvant cela tout naturel. Et quand je posais la question aux autres femmes autour de moi, un sourire accompagné d’un haussement d’épaules m’indiquait que : « Eh oui! C’est comme ça ici! »

Autre anecdote : quand j’étais à Lao Cai, une charmante jeune femme m’a emmenée visiter la plus célèbre des pagodes des environs. À notre arrivée, elle m’annonce qu’elle ne pourra pas m’accompagner à l’intérieur. Quand je lui en demande la raison, elle m’indique que c’est parce qu’elle a ses règles… Ce lieu lui est donc interdit pendant cette période du mois.

Le départ et l’arrivée

Joie et tristesse ont cohabité de très près en moi au cours des dernières semaines. Mes derniers jours au Vietnam ont été chargés en émotions. Il y a eu un moment et un repas magnifiques avec mes copines nonnes d’où je suis revenue le cœur rempli et comblé. Puis une fête de départ chez moi où j’ai pu ripailler, rigoler et verser quelques larmes en compagnie du groupe d’amis qui a constitué ma « garde rapprochée » au Vietnam. Puis un repas d’au revoir au travail, une dernière conversation intense avec Jean et puis ces derniers moments où j’attendais le chauffeur qui me conduirait à l’aéroport. Sachant qu’un chauffeur venait me chercher à 17 h, mes deux chères amies Thu et Ngan sont venues chez moi. C’est à elles et au mari de Ngan que j’ai dit un dernier au revoir larmoyant en agitant la main dans la lunette arrière du taxi.  Puis je me suis dit que les derniers à venir me saluer étaient tous trois vietnamiens. J’en ai eu le cœur tout guilleret.

Rires, larmes et bulles

En soi, le trajet Vietnam-Canada est pénible. Je vous passerai les détails des valises perdues et du trajet qui totalise presque 35 heures en comptant le temps d’attente. Par ailleurs, je n’aurais pu rêver d’un accueil plus réjouissant que celui qui m’attendait au sortir de l’avion à Montréal : trois grandes amies avec, en prime, ma sœur Suzanne, venues me serrer dans leurs bras et partager la joie des retrouvailles entre le rire et les larmes. Elles m’ont accompagnée chez moi et ma sœur Suzanne, d’une nature  « fêteuse » qui se n’est jamais démentie, nous a servi des bulles et des petites gourmandises. Moment de grâce, de joie, de pure amitié. Les copines parties, c’est ma fille Amélie qui, à l’invitation de Suzanne qui nous a concocté rapido un  beau gueuleton, est venue se joindre à nous. Là, j’étais plus que comblée.

Le retour au silence

Étrange expérience que de retrouver les lieux, les gestes et les personnages familiers qui m’entourent, après une parenthèse aussi intense, riche et marquante. Je n’ai pratiquement pas mis le nez dehors depuis mon retour, sauf pour faire quelques courses. « Suis-je la même personne? » Me demandais-je hier à l’épicerie. « En quoi ai-je changé si j’ai changé? »

Le Vietnam a quelque peu hypothéqué mon corps. Faute d’exercice, je suis plus lourde et il est évident que je dois consulter un spécialiste pour ma main, qui met beaucoup de temps à guérir et à retrouver sa flexibilité. J’ai aussi réalisé qu’un climat aussi chaud et humide ne sied pas vraiment à la nordique que je suis. J’imagine que le corps peut s’habituer à pareil climat, c’est ce qu’affirment ceux qui restent longtemps au Vietnam, mais je peux dire que j’ai souffert de la chaleur et des pluies extrêmes.

Mais pour mon cœur, mes sens, ma tête : quelle fête! J’ai le sentiment que mon cœur s’est élargi et profondément nourri de toutes ces personnes que j’ai connues, aimées et côtoyées, de ces réalités fascinantes auxquelles j’ai été exposée, de ces paysages fabuleux qu’il m’a été donné de voir et de toute cette culture envoûtante et mystérieuse. Une vaste gratitude ne cesse de m’habiter depuis mon retour, face au fait d’avoir été exposée à tout cela.

J’ai aimé le Vietnam. J’ai aimé tous ces gens que j’ai connus et que je continuerai à porter très longtemps dans mon cœur. Pourtant, autant cette expérience a été satisfaisante, autant elle m’a permis de prendre conscience de la profondeur de mes racines et de mon attachement à ma famille, à mes amis, à ma communauté et à ce Québec imparfait certes, mais si beau et vivant. J’espère pouvoir encore voyager, mais c’est ici que je veux vivre.

Il me reste à vous laisser, vous, à lever le doigt pour laisser le silence s’installer.  Vous me manquerez. Du fond du cœur, merci d’avoir été là.

Au revoir.

 

Vietnam – Prise 2

Déjà sept mois de passés sur douze! L’air de rien, subrepticement, ce périple commence à se rapprocher tout doucement de sa conclusion. Les premières pensées de l’après-Vietnam ont commencé à s’infiltrer dans mon esprit, jusqu’à former un léger sillon maintenant quasi familier. Petit serrement de cœur, je l’avoue. Tous ceux qui ont vécu à l’étranger vous le diront : le retour au pays comporte son lot de défis auxquels je sais parfaitement que je n’échapperai pas. Pour le moment, ce « dossier » ne fait que rôder dans mes parages psychologiques. Il me courtise, cherche à s’inviter chez moi. Je lui accorde prudemment une certaine attention, mais ne lui ai pas encore franchement ouvert la porte. J’ai encore beaucoup de visite à la maison!

Ces sept mois à Hué ont été faits de visages, de phases, d’étonnements, de déceptions et d’émerveillements de tout acabit. Mes débuts ont été exaltants. J’aime la nouveauté, la différence me fascine : le Vietnam m’a royalement servie! J’ai eu le privilège de bénéficier d’un accueil chaleureux, d’un soutien efficace et, disons-le, d’une certaine chance, si bien qu’à peine un mois après mon arrivée, j’avais emménagé dans une assez jolie maison, acheté mon scooter — ce cher Georges, qui m’a rajeunie de 20 ans! – constitué un réseau social ma foi assez intéressant et commencé à donner forme à mon projet professionnel. J’étais ravie. J’avais parfaitement conscience que j’étais en phase de lune de miel, presque de fascination amoureuse face à mon nouveau pays d’adoption. Une joie intense m’habitait et le statut d’expatriée me procurait un sentiment de liberté très particulier. J’ai essayé de comprendre cet état émotionnel analogue à une certaine ébriété psychique.

D’abord, ici, on ne connaît ni ma famille, ni mon statut social, ni ma réputation, ni mon histoire personnelle. C’est une sensation extraordinaire, qui me donnait l’impression d’avoir le pouvoir de me créer une nouvelle vie, de faire de nouveaux choix, presque de redéfinir la personne que je souhaitais être. Chaque rencontre étant dépouillée des cadres de référence habituels, j’avais le sentiment d’être accueillie pour ce que j’étais, que l’expérience que faisait l’autre de moi s’en trouvait automatiquement plus authentique, immédiate, se construisant nécessairement sur le présent. La découverte du nouveau à tous les plans a profondément nourri ma curiosité souvent amusée, attendrie, parfois tout de même un peu inquiète, me connectant dans tous les cas à une formidable vitalité. Cet état de déstabilisation généralisé, plutôt joyeux dans l’ensemble, mène inévitablement à une plus grande acuité de présence dans l’instant. L’expérience s’est souvent avérée jubilatoire. J’ai aimé rencontrer toutes ces nouvelles personnes tellement différentes, découvrir — je suis loin d’avoir fini — cette culture si complexe, cette langue bizarre, me familiariser avec mon contexte professionnel, découvrir mon voisinage, apprendre à faire corps avec le trafic, goûter la culture vietnamienne et nouer des liens avec des étrangers de partout au monde. Quel beau terrain de jeu!

J’ai éprouvé un plaisir certain à me « dépoussiérer » et à dépasser certaines limites, souvent en rapport avec le monde animal — reptiles, insectes… et petits mammifères. J’avoue cependant qu’un des moments les plus bas de mon séjour a consisté en une course effrénée de près d’une heure pendant laquelle ma propriétaire, son oncle et moi avons zigzagué ma maison, sans le moindre chouia de succès ni un soupçon d’élégance, pour tenter d’amener un rat à sortir de chez moi. La classique, intimidante et très peu ragoûtante trappe à souris nous a allègrement supplantés au niveau de l’efficacité, il va sans dire. Cela a tout de même impliqué que j’ai eu un colocataire pas vraiment désiré pendant toute une nuit et qu’il m’a été donné d’avoir des réveils plus agréables que celui qui m’attendait le lendemain matin…

Même pendant l’inondation de ma maison, malgré la panne d’électricité et mon téléphone qui rendait l’âme, j’avais conscience que je vivais une expérience assez unique et dont je me souviendrais longtemps, qu’il n’y avait pas de réel danger. Bon. L’épisode surréel pendant lequel j’ai réussi à m’enfermer sur le balcon de l’étage m’a tout de même secouée, mais quand on me demandait après coup si j’avais trouvé l’expérience difficile… impossible de répondre par l’affirmative! Dans le feu de l’action, j’enregistrais toutes ces images de l’eau qui montait, des meubles que l’on plaçait sur les tables, des gens qui marchaient dans la rue avec de l’eau jusqu’à la taille, des bateaux qui passaient devant ma maison, de toute cette entraide entre voisins dont j’étais témoin (et objet) et cela m’intéressait profondément. J’irais même jusqu’à dire que je ressentais une certaine fierté de vivre des événements aussi inusités, que des choses aussi excitantes m’arrivent.

Et il y a tout l’aspect relationnel de la vie d’expatriée, à la fois avec les Vietnamiens et avec la faune des étrangers. Depuis le début, j’essaie de créer des liens avec des gens de la place, mais même avec toute la bonne volonté du monde, la barrière de la langue pose des limites importantes. Jusqu’ici, le fait de parler trois langues (français, anglais et espagnol) m’avait donné l’impression de n’avoir que peu de limites. Ouïe! L’humilité devient de mise quand on se rend compte que tout contact autre que les petites phrases banales de la vie dépend du niveau d’anglais de son interlocuteur! Je m’acharne toujours à apprendre cette langue invraisemblable avec des résultats somme toute peu convaincants, mais je persiste, car cela m’ouvre indubitablement des portes. Je profite souvent sans vergogne de l’effet de surprise que je crée quand je réussis à baragouiner quelques phrases devant un interlocuteur sidéré qui souvent, après quelques minutes de totale incrédulité, se met à rire et à se taper sur les cuisses devant ma prestation! J’entretiens des liens significatifs avec mes collègues et quelques ami. e. s, particulièrement avec deux jeunes femmes avec qui j’ai développé une véritable relation de cœur et avec une petite fille de 8 ans à laquelle je me sens très attachée. J’ai rencontré une nonne bouddhiste magnifique qui, au fil du temps, par petites touches, me permet de m’approcher de sa communauté. Toutes ces personnes m’ouvrent un monde fascinant. Bien sûr, le statut d’étrangère de passage colore toutes ces relations, car par définition, on connaît leur date de péremption.

Il y a quelques semaines, j’étais à Da Nang par affaire et tôt le matin, je marchais sur la plage. Je vois un peu plus loin une vieille femme toute ridée, qui ramasse des coquillages, sa palanche de bambou et ses paniers posés à côté d’elle. Elle se lève et me regarde venir vers elle, intensément, sans bouger. Arrivée à sa hauteur, je m’arrête, incertaine, ne sachant trop quoi faire. Elle est très vieille, profondément ridée, courbée. Nous nous regardons pendant de longues secondes. Puis, à l’unisson, de larges sourires naissent sur nos visages. Instinctivement, je lui prends les mains, qu’elle me donne tout entières. Ces mains se serrent, le rire fuse par grands éclats, les cœurs se touchent. L’espace d’un instant, nous voilà sœurs, mères et filles l’une de l’autre, unies dans notre humanité partagée. Puis doucement, j’ai repris mon chemin, profondément nourrie et reconnaissante de ce moment de pure communion.

De nombreux Vietnamiens, surtout les jeunes, sont fascinés par les étrangers. Une grande frange de la jeunesse déploie beaucoup d’efforts pour apprendre l’anglais, langue de tous les horizons s’il en est. On m’invite régulièrement — comme tous les étrangers — à venir parler aux étudiants dans les classes ou lors d’activités spéciales. Il n’est pas rare, dans les lieux touristiques, qu’un ou deux jeunes vous abordent pour vous demander de deviser en anglais pendant quelques minutes. Au supermarché, des parents incitent leurs petits enfants à vous dire quelques phrases en « Enlis ». C’est sans filtre que les jeunes cherchent le contact, l’occasion de parler anglais, de poser des questions sur nos origines, notre âge, notre histoire. Rien pour diminuer l’ego de la madame! En fait, je réalise que j’ai plaisir à me sentir « spéciale », différente, intrigante et souvent… enviée (ça fait un peu mal à écrire…). J’ai conscience que mon histoire personnelle de jumelle identique et huitième de famille font que je goûte ce plaisir un peu coupable avec une certaine volupté, en m’illusionnant parfois sur ce que cela révèle de ma personne.

Le fait que j’aie 62 ans, que je vive seule, me déplace à ma guise et aie une vie sociale assez développée suscite beaucoup de curiosité chez les femmes de tous âges. Cela m’a attiré les confidences parfois déchirantes de jeunes femmes qui se sentent souvent à l’étroit dans les rôles sociaux qui leur sont proposés. J’essaie de traiter ces confidences avec toute la délicatesse du monde, sachant fort bien que je ne suis ici que de passage. Je m’efforce de soutenir les mouvements de vie qui habitent ces jeunes femmes, tout en tenant compte de leur contexte. Rien d’évident, vraiment. Je sens que parfois, le simple fait qu’une oreille bienveillante les écoute réellement a un effet sur elles. J’irais jusqu’à dire que cet aspect de mes relations interpersonnelles est en passe de devenir un des volets les plus significatifs de mon séjour en terre vietnamienne.

Bien sûr, avec le temps qui a passé, l’exaltation s’est atténuée et mes sens se sont quelque peu émoussés. Même si le plaisir de la découverte subsiste, le quotidien et les habitudes ont repris leurs droits. Inévitablement, un ressac s’est produit. D’abord, une surprise insoupçonnée m’attendait au tournant : un peu subjuguée par ce que j’appellerai « tous les possibles » que m’offrait ma nouvelle vie, je n’avais pas réalisé que j’avais apporté dans mes bagages tous les vieux personnages peu glorieux dont je me pensais libérée et que ceux-ci n’attendaient que l’occasion de réapparaître dans toute leur splendeur! Comment ai-je pu les oublier, ceux-là? Un à un, ils ont refait surface, déboulonnant pas toujours élégamment cette nouvelle « Christiane » glorifiée dont je me targuais. Jon Kabat-Zinn ne savait si bien dire quand il a écrit « Où tu vas, tu es » (Wherever you go, there you are). Je confirme et je signe. Il a entièrement raison!

En février, j’ai voyagé avec grand plaisir pendant trois semaines avec deux amies très proches. La solitude et le mal du pays m’ont frappée de plein fouet après leur départ. Tout à coup, je ne voyais que le trafic impossible, la saleté, les « bibittes », l’inimitié des vendeurs qui cherchent à vous faire payer trois fois le prix d’un item parce que vous êtes étranger… À ce chapitre, je dirai à mes amis québécois que le passage d’Anne Dorval à l’émission « Tout le monde en parle », que j’ai regardé sur U’Tube, n’a rien fait pour attiser mon amour du Vietnam! Ni le visage de mon amie Marie-Ève, en visite à Hué, quand je l’ai emmenée visiter mon bureau — ou plutôt mon coqueron. Je tombais de mon piédestal. J’ai eu tout à coup l’impression que ce que je faisais au plan professionnel n’avait que peu de valeur, qu’il n’en resterait que dalle. Un beau lundi matin, il y a quinze jours, j’ai un peu « pété les plombs » après avoir passé mon week-end à donner une formation qui me tenait très à cœur à un groupe de professeurs qui entraient et sortaient de la classe à tout moment et ne s’impliquaient que bien tièdement. Le matin suivant, mes deux collègues vietnamiennes parlaient et rigolaient depuis une bonne heure bien sûr en vietnamien et bien sûr, très fort, et ce, à deux pas de moi. La moutarde m’a montée au nez puis…Basta! Cela ne passait plus. D’un clac! bien senti, j’ai fermé mon portable et annoncé que j’allais travailler chez moi, pour cause d’étirement excessif de l’élastique de l’adaptation culturelle. Je suis restée deux jours enfermée, sans parler à âme qui vive, à m’avouer l’étendue de mon ras-le-bol et à le vivre à fond, sans fard. Il va sans dire que l’exaltation en a pris pour son rhume! Puis peu à peu, la colère et la tristesse m’ont amenée vers quelque chose de plus vaste. J’ai vraiment vu que c’est là que se situe la véritable opportunité qui m’est offerte de m’élargir comme personne. Cet accusé réception brutal de la différence m’offre deux possibilités : ou je me braque et m’enferme dans une attitude de jugement et de mépris guindé, ou je modifie mon approche. Et ladite modification ne peut se faire, il me semble, que dans un élargissement considérable de ma perspective. Je me sens encore étourdie et un peu sous le choc de cet épisode, mais il me donne un goût de réel non édulcoré qui me plaît, me stimule. À nouveau donc : à nous deux, Vietnam!

Curiosités monumentales

Au nord-est de Hué s’étend une grande lagune séparée de la Mer de Chine par une étroite bande de terre. De nombreux Vietnamiens vivant à l’étranger s’y font construire d’énormes et extravagants monuments funéraires. Des centaines et des centaines de ces tombes plus impressionnantes les unes que les autres bornent la lagune. Si vous vous y promenez, voici le paysage qu’il vous sera donné de voir :

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J’ai choisi une de ces tombes au hasard, pour vous permettre d’en mieux saisir le détail.

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La diaspora ne fait pas dans la modestie quand vient le temps de construire sa demeure éternelle en terre natale!

Des copines un peu spéciales

Peu après mon arrivée au Vietnam, mon ami Rodrigo et moi visitions une pagode (temple bouddhiste) du coin et y avons rencontré une nonne à laquelle Rodrigo a eu la très bonne idée d’adresser la parole, touché qu’il était par ce que dégageait cette femme. Nous avons alors eu la surprise de découvrir que Sister Minh Thuan parlait très bien anglais et vivait dans un monastère des environs. Après quelques minutes de conversation, j’ai eu l’élan de lui demander si je pouvais lui rendre visite. C’est là qu’est née notre amitié, qui s’étend maintenant à quelques autres nonnes, dont une abbesse fort sympathique. Je vous  présente donc mes deux amies, lors d’une balade en forêt au bord de la Rivière aux Parfums. Sister Thuan porte le voile.

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N’est-ce pas qu’elles sont belles?

À bientôt!

 

 

Une arrivée canon!

Bonjour ! Je fais une première expérience de blogue, en toute simplicité, pour le plaisir du partage et de l’écriture. Pour le moment, je ne compte pas publier à une fréquence déterminée… Au début, il y aura plusieurs articles, car j’ai plein de choses à raconter sur mon arrivée et mes premières observations, mais par la suite, tout dépendra de l’inspiration. Les photos incluses dans cet article ne sont pas de moi, je ne suis pas encore rendue à afficher mes propres photos… S’il vous plaît, si vous avez des améliorations à suggérer à la novice que je suis, n’hésitez surtout pas à le faire. Alors, voilà, je me lance !

Le 24 septembre 2017

Me voilà au Vietnam depuis maintenant 6 jours : j’ai le sentiment d’y être depuis des mois, tant il s’est passé de choses !

D’abord le voyage : tout s’est passé comme sur des roulettes, mais des roulettes, disons… un peu longues. Montréal-Toronto, Toronto-Séoul, Séoul-Da Nang : ouf !… Ah ! Si jamais vous faites escale à Séoul, sachez que l’aéroport met à la disposition des voyageurs en transit — une race habituellement épuisée et un rien irritable — un étage entier dédié à leur confort. Tout simplement génial. Douches gratuites, zones de silence dans la pénombre, salles de jeu pour les enfants et même… salle de méditation ! J’ai pu avec une reconnaissance sans borne dormir un beau 2 heures étendue de tout mon long, à côté d’une religieuse portant le costume de la congrégation de Mère Thérésa. Moment de bonheur.

Au sortir de l’avion à Da Nang, il est 21 h 30. Je suis dans un état avancé de confusion par rapport au temps : j’ai pris mon premier vol à 9 h à Montréal dimanche matin et j’arrive… lundi soir à 21 h 30. Bonjour décalage horaire !

Ma première impression au sortir de l’avion ? Je me sens comme une quiche que l’on enfourne. Tout simplement incroyable !!! L’espace d’un éclair, j’ai envie de rebrousser chemin vers un endroit climatisé, n’importe lequel et de dire « Non, non… excusez-moi, je me suis trompée, ramenez-moi à Montréal ». En une nanoseconde, la chaleur et l’humidité m’enveloppent complètement, ma peau devient instantanément moite et que dire de mes pauvres cheveux… Mais comme la foule grouillante de gens que je vois a l’air capable de vivre dans ce climat invraisemblable, j’imagine que je le serai aussi. Alors courage. J’avance.

Deuxième moment de bonheur : je vois mon nom écrit en belles lettres bleues, bien soignées, sur un grand carton. Une petite larme aurait envie couler de mon œil gauche, mais je réussis à me contrôler avec, disons-le sans ambages, une belle force de caractère. Mon gentil chauffeur me fait signe de le suivre et j’obtempère allègrement. Autre contraste météorologique : il fait un froid de canard dans le taxi. La fatigue aidant, je grelotte si bien qu’après 10 minutes, j’arrive à coups de signes malhabiles à faire comprendre au chauffeur que j’apprécierais qu’il baisse la clim. Depuis mon arrivée, je constate que ces transitions sont constantes et demandent une certaine gestion ; le châle léger est pour l’Occidentale que je suis un très bon compagnon vestimentaire.

L’hôtel qu’on m’a réservé est confortable et sympathique. Belle surprise au réveil : j’ai pleine vue sur la mer de mon balcon. La plage est immense, magnifique, parsemée de ces drôles de petits bateaux de pêche tout ronds.

Plage Danang 2

De Da Nang, je n’ai pas le temps de voir grand-chose : par ailleurs 2 attractions retiennent mon attention : le pont-dragon, très pittoresque — il crache même du feu une fois par semaine, pour vrai (voir la vidéo ci-dessous) — et les 2 magnifiques, immenses bouddhas blancs qui surplombent chacun des côtés de la baie. Voici donc le pont dragon :

Pont dragon2

Le voici en action :

Et voici un des bouddhas blancs :

Bouddha blanc 1

Les Vietnamiens sont industrieux : j’ai une matinée de congé (baignade, longue marche au bord de la mer), après quoi le programme d’intégration commence, dense, intense. Je suis chaudement accueillie, merveilleusement encadrée par Ngoc (essayez, juste pour voir – de prononcer son nom tout haut), la représentante régionale de l’Entraide universitaire mondiale Canada, qui m’embauche. Elle m’informe, me bichonne en veillant à ce que j’aie tout ce dont j’ai besoin, elle me fait rencontrer les autres expatriés à Da Nang, m’explique le contexte de mon mandat, me renseigne sur la culture vietnamienne, sur les surprises que je risque de rencontrer, vient avec moi à la clinique médicale pour me rassurer sur la qualité des soins de santé auxquels j’ai accès. Elle est efficace, attentionnée, belle, élégante, posée. C’est mon premier ange.

Nos journées sont pleines de 9 h à 22 h. Formation, formalités diverses, rencontres avec 2 des expatriés de l’EUMC à Danang, Kariann et Rodrigo, visite et dîner éclair à Hoi An, une magnifique petite ville, ancien port le plus important du Vietnam et site déclaré patrimoine de l’UNESCO, où je compte bien revenir. Je n’ai pas l’intention de publier plusieurs photos de moi dans ce blogue, mais je vous présente quand même Ngoc, Kariann et Rodrigo :

IMG_1092.jpg

Ngoc parle plutôt bien anglais, mais… Oh my god !… son accent !! Par exemple : la lettre « k » semble… ne pas exister pour elle — ni pour l’ensemble de ses concitoyens d’ailleurs. Cela donne « Lie that » au lieu de « Like that ». Le « sh » pose également un défi, si bien que « She is… » devient « Se is… », il faut deviner que « wèk » signifie « work », et ainsi de suite. À la fin de mes deux jours et demi à Da Nang, j’ai le cerveau en compote ! Mais je suis ravie, joyeuse, à la fois très énergisée et fatiguée.

C’est ainsi que le troisième jour après mon arrivée, Ngoc et moi mettons le cap sur Hué, où m’attendent mille découvertes : j’ai hâte de rencontrer mes clients et de faire connaissance avec cette ville qui m’accueillera pour la prochaine année.

Rendez-vous très bientôt pour la suite « huesque » !